La CSSCT est une commission du CSE, et son secrétaire a beaucoup à faire. Pourtant, le rôle du secrétaire de la CSSCT reste souvent flou sur le terrain.
On voit ensemble ce qu’il fait, comment il prépare les travaux et où s’arrêtent ses limites.
Quel est le rôle du secrétaire de la CSSCT ?

Entre deux réunions, le secrétaire de la CSSCT jongle avec les remontées du terrain, les documents à réclamer et les propositions à formuler. Son rôle n’est pas fixé par le Code du travail. Il dépend de l’accord collectif ou du règlement intérieur de votre CSE. C’est là qu’il faut commencer.
Un rôle qui se définit d’abord dans vos textes
L’accord ou le règlement intérieur fixe les missions
Vous êtes au cœur d’une commission du CSE. La CSSCT n’a pas de personnalité morale propre. Elle travaille sur la santé, la sécurité et les conditions de travail. Les règles viennent de l’accord collectif applicable ou, à défaut, du règlement intérieur.
Ces documents précisent le nombre de membres et les missions confiées. Ils fixent aussi les modalités de réunion, les heures de délégation et les moyens alloués. Ils peuvent prévoir la désignation d’un secrétaire et détailler ses tâches.
Avant de prendre vos fonctions, prenez le temps de relire :
- L’accord de mise en place de la CSSCT, pour connaître les missions déléguées et les règles de fonctionnement.
- Le règlement intérieur du CSE, surtout si aucun accord ne traite déjà ces points.
- Les comptes rendus précédents, pour repérer les sujets suivis et les actions encore ouvertes.
- Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), qui relie les échanges aux risques identifiés dans l’entreprise.
Une fonction distincte de celle du secrétaire du CSE
Ce sont deux fonctions distinctes. Le secrétaire de la CSSCT organise les travaux de la commission selon les règles locales. Il ne devient pas pour autant le secrétaire du CSE. Une même personne peut cumuler les deux, si les règles et le vote de l’instance le permettent.
Une vidéo utile sur la structure d’un compte rendu de CSSCT est disponible ici. On y voit comment faire apparaître les questions posées, les propositions de la commission et les décisions de l’employeur.
Ce que le secrétaire organise au quotidien
Préparer les réunions et les sujets

Le plus souvent, tout commence par une remontée floue : « plusieurs salariés se plaignent du bruit ». Votre travail consiste à la transformer en sujet exploitable. Quels postes sont concernés ? À quels horaires ? Avec quelles conséquences ? Quelles mesures existent déjà ?
Avec le président de la commission, vous préparez la réunion. Vous rassemblez les documents utiles, vérifiez les questions à traiter et demandez les informations nécessaires.
Concrètement, cela peut vouloir dire :
- Recueillir les demandes des membres, par exemple après une visite d’atelier ou un échange avec des salariés.
- Classer les sujets : urgence, suivi d’une action, ou nouveau risque à analyser.
- Préparer les documents : DUERP, fiche d’accident, rapport d’inspection, plan de prévention.
- Identifier les personnes à entendre, comme le médecin du travail ou le responsable sécurité.
- Formuler les propositions, en distinguant la mesure immédiate de l’action à programmer.
La CSSCT peut travailler sur l’analyse des risques, les enquêtes après accident, les inspections ou la prévention des risques psychosociaux. Le secrétaire facilite ce suivi, mais il ne mène pas seul une enquête ni une analyse de risques.
Suivre les actions après la réunion
Une réunion utile laisse une trace claire. Pour chaque sujet, notez :
- le constat ;
- la proposition formulée ;
- la personne chargée d’agir ;
- l’échéance prévue ;
- la date du prochain suivi.
Rendre compte au CSE
Vous transmettez ensuite au secrétaire du CSE :
- les constats et les propositions de prévention ;
- les points qui exigent une décision du comité ;
- les documents utiles à une information ou à une consultation ;
- l’état d’avancement des actions déjà décidées.
Le CSE garde ses prérogatives. La CSSCT ne rend pas d’avis à sa place et ne peut pas décider seule de recourir à un expert.
Avant de transmettre votre compte rendu
- Les constats de la commission, écrits à part
- Les propositions de prévention, avec la personne chargée d’agir
- Les points qui demandent une décision du CSE
- Les documents utiles à l’information ou à la consultation
- L’état d’avancement des actions déjà décidées
Les travaux que le secrétaire peut aider à suivre
La CSSCT peut recevoir une partie des attributions du comité en matière de SSCT, dans les limites prévues par la loi. Pour connaître les missions confiées, regardez l’accord ou le règlement intérieur.
Selon le périmètre retenu, la commission peut contribuer à :
- l’analyse des risques
- la préparation d’inspections
- les enquêtes après accident du travail ou maladie professionnelle
- l’examen des risques psychosociaux
- la formulation de propositions de prévention

Vous n’exercez pas ces missions à la place des autres membres. Vous aidez à les planifier et à réunir les informations. Vous gardez aussi la trace des échanges.
Sur le terrain, cela peut vouloir dire préparer une grille d’inspection et centraliser les observations. Vous inscrivez aussi les mesures proposées dans le suivi.
Votre synthèse doit rester factuelle. Notez les situations observées, les documents examinés, les questions posées et les propositions. Ne présentez jamais l’avis de la CSSCT comme l’avis définitif du CSE.
Création et composition de la CSSCT
Vous devez créer une CSSCT dans les entreprises ou établissements distincts d’au moins 300 salariés. Elle peut aussi être obligatoire pour certains sites à risques, comme les sites classés Seveso ou comprenant une installation nucléaire de base. Vérifiez si votre site est concerné, même sous ce seuil.

Les membres peuvent être titulaires ou suppléants. Leur mandat prend fin avec celui des élus du CSE. Si l’accord ou le règlement intérieur prévoit un secrétaire, vous le choisissez parmi les membres de la commission.
Avant de mettre en place la CSSCT
- Vérifiez l’effectif de l’entreprise ou de chaque établissement distinct, pour savoir si la commission est obligatoire.
- Repérez si un site est classé Seveso ou comprend une installation nucléaire de base, car cela peut imposer la commission même sous 300 salariés.
- Relisez l’accord ou le règlement intérieur pour voir s’il prévoit la fonction de secrétaire, et qui peut la tenir.
- Notez la date de fin du mandat des élus du CSE, puisque la désignation des membres s’arrête avec lui.
Les moyens indispensables
Temps de réunion et heures de délégation
Le temps passé aux réunions de la CSSCT est rémunéré comme du temps de travail et ne se déduit pas de votre crédit d’heures de délégation.
Pour travailler correctement, vous devez disposer d’un accès raisonnable aux documents utiles, d’un calendrier de réunions et d’un outil de suivi. Sans cela, les propositions et les actions finissent dans un dossier partagé ou dans des notes personnelles, et le suivi s’effiloche.
La formation SSCT

Tous les membres de la délégation du personnel du CSE bénéficient d’une formation en santé, sécurité et conditions de travail. Lors d’un premier mandat, sa durée minimale est de cinq jours, quel que soit l’effectif.
Pour le secrétaire, une bonne formation doit relier le droit aux situations concrètes : analyser un risque, préparer une inspection, exploiter le DUERP, rédiger un compte rendu utile, transmettre une proposition au CSE. Formaestro CSE propose des parcours SSCT adaptés à l’effectif, au mandat et aux missions confiées à la commission.
Les limites à garder en tête
La CSSCT ne peut pas décider à la place du CSE
La CSSCT reste une commission du CSE. Même avec une délégation importante, elle ne peut pas exercer seule les attributions consultatives du comité ni décider de recourir à un expert.
Elle prépare une analyse, présente une proposition ou signale un risque. Le CSE garde sa capacité à délibérer. Il peut demander des informations complémentaires. Quand les conditions sont réunies, il rend un avis ou vote une décision.
Dans vos écrits, écrivez « la commission propose au CSE » plutôt que « la commission décide ». Gardez « décide » seulement si votre document interne lui confère réellement ce pouvoir.
Le secrétaire n’est pas le responsable prévention
Le secrétaire de la CSSCT représente la commission dans le cadre de son mandat. Le responsable prévention, lui, agit dans ses fonctions professionnelles. Il applique l’organisation fixée par l’employeur.

Ces rôles se complètent. Vous pouvez demander des informations au responsable prévention. Vous pouvez préparer une visite avec lui et suivre une action décidée. Vous ne mettez pas en œuvre les mesures à la place de l’employeur.
Les compétences qui font la différence

Le secrétaire transforme un échange parfois dispersé en suivi concret. Il doit distinguer trois choses : un fait observé, une demande de document, une proposition de prévention. Une décision, elle, revient au CSE.
Deux réflexes simples facilitent le mandat :
- Tracer : notez constats, propositions, responsables et échéances.
- Transmettre : présentez au CSE les points qui relèvent de sa compétence.
Une formation générale SSCT donne les bases communes. Vous pouvez la compléter par un travail ciblé. Il porte sur la préparation des réunions, la rédaction des comptes rendus, le suivi des actions et l’articulation entre CSSCT et CSE.
Avant de vous lancer, relisez l’accord ou le règlement intérieur de votre CSE et vérifiez ce qu’il confie réellement à la commission. C’est ce texte qui fixe vos marges de manœuvre. Notez ensuite, dès la prochaine réunion, un premier sujet avec son responsable et son échéance : un suivi tenu depuis le début vous évitera bien des relances.
Foire aux questions
Le secrétaire de la CSSCT doit-il être un élu titulaire du CSE ?
Non, il n’est pas forcément titulaire. Il doit seulement être membre de la commission.
Ces membres sont désignés parmi les titulaires ou les suppléants du CSE. Votre accord ou votre règlement intérieur peut prévoir des règles différentes.
La CSSCT doit-elle rédiger un procès-verbal à chaque réunion ?
Non, le Code du travail ne fixe pas de modèle de procès-verbal propre à la CSSCT. Votre accord ou votre règlement intérieur peut toutefois préciser les modalités du compte rendu.
Votre accord ou votre règlement intérieur peut prévoir le compte rendu, son auteur, son délai de diffusion et sa validation.
Comment contester la désignation d’un membre de la CSSCT ?
Vous pouvez contester la désignation devant le tribunal judiciaire, dans un délai de quinze jours.
Le délai est de quinze jours à compter de la désignation contestée. Il faut donc agir vite.
